Generation of pinguin ○

Publié le par Lau

.:: Dans 2 jours il faut reprendre les cours >< ::.

 

A lire ABSOLUMENT :)

Bon pied, bon oeil.

Il y de ça quelques jours déjà, j’étais de retour dans le village de mes parents pour y passer le week-end dans leur spacieuse demeure, me libérant ainsi pour un moment de ma routine d’étudiant et redécouvrant avec joie ma grande chambre à coucher, ses deux colonnes de soutien peintes en vert pâle, son lit démesurément grand, son intrigante armoire encastrée dans le mur gauche, son étagère de bois, dont la couleur trop foncée détonne et sur laquelle survive quelques livres, faisant face au vieux tourne-disques, cadeaux de mon grand-père et ses nombreux trente-trois tours de chansons espagnoles d’antan, posés sur l’ancienne table de couture, me servant occasionnellement de bureau, et sa petite salle de bain où les différents tons de bleu règnent en maîtres ; mais aussi – et bien sûr – mes parents, qui semblaient assez contents de me revoir, mon frère, toujours assis au bureau, ébahi devant l’ordinateur, hypnotisé par les douces et innocentes paroles de son premier amour, me remarquant à peine, me tendant finalement la main d’un air désabusé et lâchant un de ses habituels « ça va Bob ? » – alors que je ne m’appelle même pas Bob – accompagné d’un sourire malicieux, mais pas mauvais, et puis enfin la chienne, qui elle, une valeur sûre, si, se réjouis toujours autant de me revoir.

La fin d’après-midi se passe relativement bien, ma plutôt longue absence me permet d’agrémenter le café et la cigarette partagés avec mes vieux, en relatant quelques courts récits issus de mes dernières semaines. Ca n’a pas l’air de vraiment les intéresser, mais ils font malgré tout de louables tentatives pour paraître attentifs. Enfin, la cigarette est écrasée et le café avalé, l’harmonie du quotidien reprend son droit : ma mère s’en va chez son père, lui faire un peu de compagnie et prépare son dîner, mon père et moi nous divertissons quelque peu en l’attendant devant la télévision, puis elle revient et l’on s’installe le « plateau-télé ». Nous mangeons avec la télévision et mon frère ne nous rejoindra qu’après le troisième appel de ma mère.

Le repas terminé, j’estime que j’ai mérité de goûter enfin cette herbe, achetée peu avant mon départ en train et annoncée comme étant très efficace, en plus d’être d’un goût difficilement égalable. Je prends alors congé de mes parents un instant et m’isole dans ma chambre à coucher pour y fumer mon joint, sans risquer d’insupporter ces derniers par cette délicate odeur qu’ils ne sauraient apprécier à sa juste valeur. Cette alors que commence la valse rituelle : j’allume mon ordinateur et me met à l’œuvre du roulage pendant son initiation, pour qu’ils soient tous les deux prêts plus ou moins en même temps, et j’accompagne ma fumette d’une révision succincte des dernières nouvelles de la toile. Puis, avant d’aller retrouver mes parents sur le canapé, je fais une petite escale dans ma salle-de-bain, pour y boire un peu d’eau du robinet, le cannabis étant connu de ses adeptes comme un très bon sécheur de bouche, et j’en profite pour jeter un coup d’œil à mon reflet dans le miroir. C’est alors que je découvre un phénomène encore inconnu à mon registre des effets des substances psychotropes, ou plutôt une manifestation inattendue d’un phénomène bien connu de tous : la coloration rougeâtre des yeux du fumeur ayant fumé, plus ou moins importante selon le dosage ou la qualité du produit. Seulement, je dois me pencher un peu plus près du miroir pour me convaincre de ce qu’il me semblait avoir aperçu. C’est bien réel, la coloration est bien là et plutôt importante, preuve qu’on ne m’avait pas menti, mais elle est unilatérale. Seul mon œil droit dénonce ma récente consommation, le gauche est intact, d’un blanc presque artificiel. Je trouve ça amusant et mon reflet aussi apparemment.

Lorsque je sors enfin de ma chambre, j’allume la lumière pour éviter toute rencontre inopportune avec le bureau de verre et d’acier, particulièrement douloureux pour les orteils. C’est alors que je me retrouve nez à nez avec ma mère, partie en expédition vers la réserve, à la recherche d’une ou plusieurs bouteilles d’eau. La soudaine confrontation me surprend quelque peu et je la regarde sans trop savoir quoi dire d’autre que « tu vas où ? ». Mais, je sens son regard insistant, elle cherche dans mes yeux à se convaincre que j’étais bien parti faire ce qu’elle pensait. Enfin, elle me dit comme ça, sur un ton réprobateur qui a perdu son effet il y a bien des années déjà : « Tu es défoncé. » Ce à quoi je réponds sur le champ :

- Défoncé certes, mais que d’un œil !

 

Ben Desclous

 

 

LEVEL 4 : THE STARS OF THE WORLD

 

 

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La télé, ce chewing-gum de l'oeil, a multiplié les crétins... Le problème est que les crétins ont beau avoir toujours existé, avec la télévision, ils se sont multipliés.
René de Obaldia

 


 


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